samedi 4 octobre 2008

Jeu 2008 - Envoi n°20 : 2 bis avenue Victor-Hugo (Dijon - Côte-d’Or)


Qu’on me permette de dire que j’ai bien aimé, en soi, l’envoi de P. W. , qui m’a simplement envoyé quelques images d’un immeuble apprécié lors d’un déplacement professionnel. Quelques images, une adresse et une petite envie de partager une émotion furtive. Aussi rapide et facile que cela... N’était-ce pas l’un des buts de ce jeu ?
Notre sympathique correspondant avoue ne pas connaître l’identité de l’architecte de cet immeuble imposant, construit à l’angle de la place Auguste-Dubois et de la rue de Montmartre. Heureusement pour nous, quelques travaux, plus ou moins importants, existent déjà sur l’Art Nouveau dijonnais, qui permettent d’en connaître l’auteur, Eugène Brey, et la date de construction : 1903-1904.

Lorsque j’avais photographié l’édifice, il y a quelques années, il n’avait pas été nettoyé et restait conservé dans une grisaille “pittoresque” qui accentuait la naïveté de son décor floral, notamment autour de son oriel d’angle. J'avoue avoir complété l'envoi, qui ne permettait pas de bien savourer les détails, avec ces images plus anciennes, qu'on identifiera aisément par leur tonalité plus sombre.
On pourra aisément parler ici d’un Modern Style provincial, qui aurait pu devenir une œuvre importante du “style nouille” si le sculpteur avait eu plus de talent et d’extravagance. Mais il faut dire que l’architecte ne l’a pas beaucoup aidé par une véritable inventivité au niveau des volumes, restant un constructeur d’une sagesse très ordinaire. A peine s’est-il amusé à percer les angles de la toiture avec, à chaque fois, deux fenêtres aussi rondes que des yeux.

Ainsi, tel qu’il se présente à nous, l’immeuble surprend par quelques petites audaces, mais toujours confinées dans un registre très mesuré, impression qui est largement confortée par la présence de ferronneries assez sages, et appartenant en partie à un modèle industriel très répandu. On serait presque tentés de qualifier tout cela de “timide”. Mais c’est bien cela qui en fait le charme : un Art Nouveau qui n’ose pas franchement se développer, restant à l’état de ponctuation, comme des excroissances en formation. Un Art Nouveau habitable ? Rassurant ? Les chefs-d’œuvre du genre n’ont pas toujours cette qualité d’accueil, il faut bien le reconnaître.

Le style 1900 dijonnais a connu un très digne représentant en Louis Perreau qui construisit, en 1906, le véritable bijou qu’est l’immeuble du 9 rue du Château, avec ses jolies toitures en forme de parapluies. J’en parlerai certainement un jour, mais les impatients pourront déjà en trouver quelques images en se rendant sur “Des chardons sous le balcon”, un blog ami qui parle aussi d’Art Nouveau. Perreau s’illustra, la même année, dans la construction de l’imposante poste de la place Granger, qui vaut surtout pour la décoration sculptée de Paul Gasq, un des plus délicieux sculpteurs que le style 1900 nous ait donné. Ailleurs, on trouvera d’autres édifices intéressants, comme au 24 et au 25, rue Jacques-Cellerier, ou au 4, avenue Victor-Hugo, soit juste à côté de l’étrange œuvre d’Eugène Brey. Dijon ne mérite-t-elle pas une petite visite ? Et voilà faite une sympathique suggestion pour les beaux dimanches que l’automne nous donnera peut-être.

3 commentaires:

Arnaud a dit…

Merci chez mateur de nouilles de renvoyer les lecteurs vers mon blog... Pour les aiguiller, le lien est accessible en cliquant sur mon nom !

Anonyme a dit…

Good work there. I must appreciate author as well.

Anonyme a dit…

HI, I just joined this community. I m from romania. I like this forum.......hope to learn lot of things here ;-)