samedi 4 octobre 2008

Jeu 2008 - Envoi n°17 : villa Sticchi (Santa Cesarea Terme - Italie)


Les quelques édifices d’influence arabisante, déjà publiés à l’occasion de ce jeu, semblent avoir bien plu, puisque A. R. nous envoie cette imposante villa construite dans une station balnéaire (et thermale) des Pouilles, près d’Otrante. Son nom vient de l’entrepreneur Oronzo Sticchi, qui en fut le constructeur, probablement aussi le concepteur et certainement l’heureux bénéficiaire.
L’édifice est bien antérieur à l’époque de l’Art Nouveau, puisqu’il date de 1885, mais il participe à ce goût “exotique” qui permettait d’échapper à l’académisme : néo-gothique et orientalisme, par ce désir de renouveau pittoresque, ont largement contribué à l’émergence du Modern Style.

L’influence arabe permit l’introduction, dans l’architecture occidentale, de formes originales, mais aussi de la couleur, et pas uniquement par le biais de la céramique. Bleue et ocre, la villa Sticchi joue complètement le jeu de cette architecture orientale de fantaisie, grâce à son imposante coupole, ses différentes galeries aux belles colonnes diversement ouvragées, la qualité de quelques-uns de ses éléments décoratifs. On notera, à ce propos, la beauté des ornements géométriques des escaliers extérieurs, la belle dentelle de pierre couvrant certains panneaux, le revêtement doré de la loggia de la façade principale.
Sticchi a construit les thermes de cette charmante petite ville, à partir de 1899. Il fut donc une personnalité locale, même si A. R. nous informe que son entreprise était néanmoins installée à Maglie.

Beaucoup de ces folies ont malheureusement disparu. La région lilloise - pour faire une comparaison avec la France - fut littéralement couverte de ces étranges palais orientaux, aujourd’hui disparus. Mais, ailleurs, on ne compte plus les imitations du palais du Bardo, qui avait été édifié au XVe siècle à Tunis, qui fut l’un des modèles principaux de cette mode, qui fut toujours temporaire, mais cyclique, depuis la fin du XVIIIe siècle.

Aucun commentaire: