samedi 13 septembre 2008

Jeu 2008 - Envoi n°14 : 12 rue Galliéni (Cachan - Val-de-Marne)


Après Dunkerque et Roubaix, O. P. m’a également envoyé - comme dessert ? - quelques images de l’ancienne gendarmerie de Cachan, aujourd’hui occupée par les services de l’urbanisme de la ville.
Le service de l’Inventaire d’Ile-de-France n’a sans doute pas tort d’avancer qu’il s’agit de la seule gendarmerie Art Nouveau de notre pays, car, effectivement, je n’en connais pas d’autre. Ce type de bâtiment n’a apparemment pas vraiment séduit les architectes adeptes de l’Art Nouveau. A moins que ce ne soit l’inverse... Les gendarmes sont sans doute des gens trop sérieux pour confier leur maison à des... rigolos.

Adolphe Yvon, l’auteur de l’édifice - sans doute apparenté au peintre du même nom -, n’est pas spécialement connu pour ses réalisations relevant du Modern Style. C’est bien ce qui rend cette gendarmerie très singulière, par elle-même mais également au sein de l’œuvre d’un architecte plus volontiers académique.
Sans doute à cause de sa fonction singulière, le bâtiment a fait l’objet d’une publication, dans la revue “L’Architecture”, en 1904. Les images accompagnant cet article permettent de s’apercevoir que la porte d’entrée ouvrait à l’origine sur un porche qui a depuis été fermé par une seconde porte, fonctionnelle, mais bien banale. L’ensemble y perd une partie de son charme, ce porche ayant eu l’effet de creuser un peu une façade bien plane. En même temps, il accentuait une symétrie en apportant un contrepoint aux deux pinacles latéraux, qui couronnent le bâtiment tout en proposant la date de 1901 aux regards.

L’intérêt principal de cette gendarmerie bien singulière réside dans la large inscription qui remplace, à droite, la fenêtre géminée qui existe sur la première travée de gauche. Elle seule suffit à créer un pittoresque élément de discordance. Dans un graphisme très “moderne”, on peut y lire : “Propriété du département de la Seine”, affirmation qui n’est maintenant plus vraie puisque, en dehors de Paris, toutes les communes de l’ancien département de la Seine sont aujourd’hui rattachées aux départements limitrophes.
Nous n’allons pourtant pas crier au génie. L’Art Nouveau reste ici très discret, même s’il apparaît à la fois dans la structure même de l’édifice - les arcs largement surbaissés du rez-de-chaussée - et dans le décor, au niveau des consoles de fenêtres et des pinacles. Mais sa fonction initiale commanda une relative sobriété, même si quelques esprits éclairés ont ici cherché une originalité qui caractérise rarement les gendarmeries.

1 commentaire:

Guiom, filmmaker a dit…

Ah ! Je n'osais plus croire à son existence, à "celle-là" (désolé si j'offense quelque bonne soeur) ! MAis il ne me semble pas inconvenant que l'Art Nouveau puisse se mêler de gendarmerie, puisqu'il a bien su séduire quelques Postes et beaucoup de banques...