vendredi 12 septembre 2008

Jeu 2008 - Envoi n°13 : 16 boulevard du Général-Leclerc (Roubaix, Nord)


La ville de Roubaix n’est malheureusement pas réputée pour son architecture 1900. Une seule véritable construction Art Nouveau, cela ne constitue, en effet, ni un centre artistique important, ni même une attraction touristique... Car nous ne sommes pas à Lille, où la maison Coilliot de Guimard constitue à elle seule un but de promenade - au résultat absolument garanti ! - et l’architecte Elie Dervaux, auteur de cette agréable fantaisie de 1904, n’a guère laissé son nom dans les annales de l’architecture.
Dommage, car son travail n’est vraiment pas sans intérêt, combinant avec bonheur de multiples motifs aux origines très diverses, probablement puisés dans les nombreuses publications d’architecture dont il pouvait disposer à son époque.
L’allure générale de cette maison assez étroite l’apparente assez curieusement à une certaine architecture méditerranéenne, celle qu’on trouve à Nice ou dans le nord de l’Italie. En témoignent son bow-window à loggia et sa décoration sculptée, plus proche de la gravure que de la ronde-bosse.

Le dessin de la porte d’entrée pourrait être à la fois belge et nancéien, grâce à son élégant compartimentage en bois. Mais on s’attachera surtout à l’étonnante composition des deux petites fenêtres du rez-de-chaussée, dont les ferronneries proposent un dessin vraiment original, d’un graphisme remarquablement nerveux. Les rehauts de couleur, formant des roses bleues d’un bien charmant effet, contribuent à attirer l’œil sur ces éléments d’une belle invention. L’architecte semble avoir été moins heureux pour la porte d’entrée, où la nécessité d’un motif couvrant le prive d’une certaine aération. Hélas, les garde-corps des autres fenêtres sont un joli modèle, mais purement industriel.
Les initiales du propriétaire, visibles juste au-dessus de la porte, semblent être un “H” et un “M”. Mais nous n’en saurons guère plus sur son identité.

Il semble évident que le couronnement de l’édifice - qui mériterait un bon nettoyage, cela dit en passant... - a disparu lors d’une très banale surélévation. Le bow-window se terminait certainement par un clocheton pittoresque ou un belvédère amusant. Peut-être des cartes postales anciennes nous en apprendraient-elles un peu plus sur l’état initial de l’édifice.
Encore merci à l’infatigable O. P., dont les trouvailles nous réservent bien des surprises. Gagnera-t-il ? Réponse en octobre...


P. S. : En faisant une petite recherche sur un site de vente de cartes postales, j'ai retrouvé notre charmante maison, dont l'adresse était alors "boulevard Gambetta". Le bow window avait une petite toiture indépendante et pointue, dans laquelle apparaissait une fenêtre assez simple. Pour banal qu'il était, ce couronnement donnait tout de même une silhouette un peu plus élégante à l'édifice que celle qu'on lui connaît aujourd'hui. Devant la maison, une jolie place avec une fontaine est devenue un boulevard où passe un de ces nouveaux tramways qui fleurissent un peu partout en France. Ce n'est plus le même charme.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

C'est un petit bijou,avec ces fenetres d'origines(ce qui devient rarissime),regardez les boiseries aussi sont d'epoques.