jeudi 21 août 2008

Entr’acte n°25 : rue Montagne-de-la-Cour (Bruxelles - Belgique)


On me pardonnera de vous proposer... “un dernier pour la route”. Je veux parler d’une construction bruxelloise, et non pas d’une bière, évidemment. Mais vous pouvez me lire en vous servant une bière, ce n’est pas interdit.
En effet, j’aurais bien des scrupules à m’éloigner de Bruxelles - nos vacances ne sont pas terminées et d’autres lieux nous attendent -, sans parler d’une petite merveille qui, pendant longtemps, aurait pu faire croire qu’elle allait alimenter ma rubrique de “cadavres exquis”.


Comme le prouve une image ancienne (mais pas si vieille que cela), le magasin Old England, construit par Paul Saintenoy (1862-1952), fut longtemps une sorte de gros bateau rouillé, attendant presque la démolition comme un soulagement. Les extraordinaires arborescences métalliques de 1899 - et notamment sa délicate tourelle d’angle suspendue - avaient totalement disparu, ainsi que sa polychromie chatoyante. Le nom même du magasin avait disparu de la façade et si les balcons avaient encore un certain charme Art Nouveau, il semble bien qu’ils étaient alors amputés de toute ce qui en faisait une délicate dentelle ornementale.

Ce qu’on peut aujourd’hui admirer, et qui est devenu le musée des instruments de musique en 2000, est donc une reconstitution, plus qu’une simple restauration, car trop d’éléments originaux manquaient déjà lorsque l’Etat belge acquit l’édifice en 1978.
Le résultat est assez extraordinaire car, si dans le détail, on peut sans doute faire des reproches à cette “résurrection” - notamment le remplacement des articles du magasin par des portées de musique, sur les enseignes extérieures (ils constituent un motif visuellement un peu trop “maigre”), alors que le nom d’Old England a heureusement réapparu à son emplacement d’origine -, on ne peut qu’être ravis par la recréation de la tourelle, véritable objet d’orfèvrerie suspendu entre ciel et terre, le retour de la couleur et la transformation du bâtiment en un lieu largement ouvert au public.

On peut ainsi entrer pour admirer le beau travail de ferronnerie imaginé par Saintenoy, ses étonnants piliers de fonte aux arabesques savantes, en plus des collections d’un musée tout à fait passionnant. Bruxelles a su, en quelques années, sauver quelques joyaux de l’Art Nouveau en en faisant des musées d’un intérêt indéniable. Souvenons-nous que les anciens magasins Wauquez, de Horta, ont ainsi été sauvés en devenant le Centre belge de la Bande Dessinée.

1 commentaire:

simon a dit…

thanks!!! very good information!!!!!