lundi 14 juillet 2008

61 rue Lamarck (18e arrondissement)


Voici encore un nouvel architecte peu connu, principalement actif dans le XVIIIe arrondissement. Ses édifices se trouvent essentiellement rue Lamarck, rue Félix-Ziem et dans cette rue Armand-Gauthier qui porte son nom, malheureusement pas véritablement pour sa qualité d’architecte, mais surtout en tant que propriétaire des terrains ! Il n’en demeure pas moins qu’Armand Gauthier fut peut-être le seul architecte à avoir eu, de son vivant, une rue à son nom, et où il a même habité.

Une autre singularité de cet artiste a été d’être principalement associé à un certain M. Lacour, qui fut le propriétaire de la majorité des terrains où il édifia des immeubles sur ces trois rues.
Une fois ces quelques points énoncés, et qui servent à peu près de seule biographie possible à cet homme bien méconnu, regardons-le à présent du point de vue de l’art.
Gauthier n’est pas sans affinités avec l’architecte Falp : une certaine naïveté candide leur est commune, mais aussi l’usage à la fois charmant et parfois maladroit d’un Art Nouveau assez proche de la “nouille”.

Ainsi sur cet immeuble du 61, rue Lamarck. La demande de permis de construire n’est pas aisée à retrouver, mais il semble bien que la parcelle portait initialement le n°69. Le 7 janvier 1905, Lacour fit publier son intention d’édifier un immeuble de sept étages, qui fut achevé avant la fin de l’année. On y admirera surtout un assez charmant programme sculpté, notamment autour d’une porte d’entrée particulièrement gracieuse, agrémentée d’un très harmonieux travail en fer forgé. Les terminaisons de son chambranle ne sont pas sans évoquer l’art délicieusement mou de Despois de Folleville. La jeune femme est mignonne et très agréablement sculptée. Ailleurs, l’immeuble se singularise par d’agréables linteaux de fenêtres et consoles, mais aussi par un assez rare modèle de garde-corps, pour le grand balcon qui souligne le milieu de l’immeuble.


Lacour et Gauthier ont construit une bonne partie de la rue Félix-Ziem au cours de l’année 1906, l’architecte n’y revenant, en 1909 et 1910, que pour deux projets réalisés en collaboration avec un confrère du nom de Stel. Mais c’est surtout l’immeuble du n°8 qui m’a paru le plus intéressant, notamment pour de jolis détails aux ondulations parfaitement Art Nouveau. Ceci n'a rien de "révolutionnaire", et relève d'un éclectisme où bien des styles sont assimilés. Mais ces immeubles ont malgré tout un charme véritable. Est-ce seulement dû à une certaine maladresse ? Ou à leur sympathique dose de naïveté ?

A la même époque, Gauthier construisait encore sur la rue Lamarck, notamment l’immeuble du n°103. Si l’influence du Modern Style s’y fait beaucoup moins sensible, en dehors de la belle ferronnerie des deux portes d’entrée, j’invite malgré tout les amateurs curieux à admirer les amusants carreaux de faïence signalant, au-dessus de l’une d’entre elles, l’entrée d’un bains-douches : des petits amours facétieux s’y arrosent avec un jet d’eau. L’un d’entre eux parvient à éviter la douche... mais un autre... pas !

Entre octobre 1906 et novembre 1907, Lacour et Gauthier ont loti une grande partie de la fameuse rue Armand-Gauthier, où l’architecte s’installa finalement, au n°6. La voie est, en elle-même, absolument charmante et pittoresque, se terminant par un escalier après avoir dessiné une large courbe. L’immeuble du n°4 paraît le plus original de tous, avec ses charmantes ponctuations typiquement 1900 et son amusant buste de femme, engoncé dans les enroulements compliqués de sa chevelure (l’image est visible sur “Paris en construction”).

1 commentaire:

Anonyme a dit…

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