dimanche 8 juin 2008

1 et 11 rue Eugène-Labiche (16e arrondissement)


A quelques détails significatifs près, les deux immeubles, construits par Charles Breffendille (1861-1913) dans la très tranquille rue Eugène-Labiche, sont pratiquement jumeaux. Ils n’ont pourtant pas été conçus à la même époque, celui du n°1 ayant été déclaré le 2 septembre 1903, par Mme veuve Le Maux, celui du n°11 l’ayant été plus d’un an plus tard, le 19 décembre 1904, par Ph. Amy. Néanmoins, les chantiers semblent n’avoir pas été immédiatement ouverts, car les édifices portent la même date, curieusement tardive, de 1908.

Cette longue gestation trouve peut-être son explication dans l’emplacement des deux parcelles, situées sur le même trottoir aux deux extrémités de la même voie. Leur situation symétrique apporte un charme singulier à ces bâtiments apparemment massifs, mais où une multitude de petits détails ne peuvent qu’amuser le regard.
On s’intéressera d’abord au travail du métal, donnant lieu à de curieux garde-corps de fenêtres, au premier étage, d’une forme de bateau plaisante et insolite. Au troisième étage - sans doute conçu comme le plus luxueux -, l’architecte a dessiné des structures métalliques évoquant des ornements de jardin, d’un assez poétique effet.

Le travail de sculpture n’est pas moins intéressant, en particulier les énormes guirlandes feuillues qui ornent les angles des deux immeubles. Elles apportent un lien formel à un décor assez différent, plus sobre et classique au n°1, nettement plus Art Nouveau au n°11. Servant de motif à un mascaron sur le premier immeuble, une sorte de génie soufflant puissamment se retrouve multiplié, sur la seconde façade : le motif est certainement une allégorie du feu, telle que Schoellkopf l’utilisa pour une cheminée en grès dont j’ai déjà parlé à propos de l’hôtel du boulevard Berthier.

D’une culture très classique, Breffendille architecte se montra amateur de constructions puissantes, parfois même monolithiques, qu’il s’agisse d’immeubles ou même de villas. Il n’en fut pas moins un architecte attachant. Il gagna, en même temps que Guimard, une prime au premier Concours de façades de la ville de Paris, pour une belle construction, 18, rue Croix-des-Petits-Champs, malheureusement aujourd’hui disparue : à son emplacement a été aménagé une petite place, face au Ministère de la Culture.

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