samedi 19 avril 2008

22 rue de Mogador (9e arrondissement)


Voici enfin un joli édifice dans le IXe arrondissement ! La rareté de l’Art Nouveau dans ce quartier s’explique par le fait qu’il possédait un urbanisme déjà très dense en 1900 et que, parmi les nouvelles constructions, le Modern Style n’y eut jamais - comme ailleurs - que les miettes du marché, pourtant très important.
L’architecte Charles Goujon a eu une notoriété bien réduite. Il avait pourtant été lauréat du Concours de façades de 1903, pour un immeuble de la rue Damrémont, soit en même temps que Charles Klein, auteur de l’impressionnant chef-d’œuvre de la rue Claude-Chahu.

Deux ans plus tard, le 21 novembre 1905, Goujon fit publier une demande de permis pour un charmant immeuble au 22, rue de Mogador, à l’angle du 85, rue de la Victoire - où se trouve d’ailleurs l’accès à l’intérieur de l’édifice -, dont il était également le propriétaire. Les rues étant assez étroites, il prit le judicieux parti d’animer ses façades par une alternance de travées droites et de travées arrondies, ces dernières étant couronnées par d’amusantes fenêtres rondes, surmontées de frontons.
Le décor sculpté, sans être exceptionnel, est d’une louable délicatesse, notamment dans les visages féminins visibles à l’angle des deux rues, sous forme de médaillons enguirlandés ou d’ornements de consoles.

La porte d’entrée aurait pu faire l’objet d’une composition intéressante. Mais l’architecte, et son ornemaniste, restèrent bien sagement dans le domaine floral, appliqué à des formes un peu convenues. Les ferronneries échappent d’ailleurs au monde de l’Art Nouveau, tant sur cette porte que pour tous les garde-corps des fenêtres.

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