dimanche 2 mars 2008

76-78 rue Mademoiselle (15e arrondissement)



Un dimanche soir, presque à l’arrivée du printemps... il est permis de s’amuser un peu. N’est-ce pas ? Car l’immeuble de la rue Mademoiselle n’est assurément pas un chef-d’œuvre. Architecturalement, il est même assez banal et ne mérite sans doute pas la peine d’un regard autre que distrait. Je n’aurai donc pas la prétention de le présenter comme une construction majeure. Pourtant...
La demande de permis de construire, publiée le 25 février 1903, n’indique que le commanditaire, du nom de Bastier. Sans doute était-il aussi l’architecte, qui signa la façade d’un “Bastier fils” assez ostentatoire. Son nom apparaît de façon très parcimonieuse dans les dossiers de voirie. Cet homme avait certainement un lien de famille très probable, sinon certain, avec l’entrepreneur Bastier, dont la signature figure sur de très nombreux immeubles du quartier. En précisant qu’il en était sans doute le fils, l’auteur de notre immeuble semblait ainsi affirmer sa propre personnalité, tout en affichant une filiation alors probablement connue dans cette partie de l’arrondissement.












La personnalité sans doute un peu terne de cet architecte peut probablement se déduire d’un détail des deux entourages de porte, puisque les amusantes frises de batraciens - sans doute des salamandres - sont à la fois signées par Bigot, le réalisateur de ces carreaux de grès, et par A. et M. Turin, les créateurs des motifs, qui s’y présentent ouvertement comme “architectes”. Bastier n’eut apparemment aucun état d’âme à utiliser les modèles de confrères de talent, au lieu de les concevoir lui-même.

Mais ces frises ne seraient pas grand chose si ne figuraient pas deux couples d’animaux amusants, couchés au sommet des deux portes, paraissant très attentifs à tout ce qui pourrait se passer sur le trottoir : à gauche un chat sarcastique ; à droite un cocker dont le regard, comme d’habitude, paraît solliciter friandises et caresses !
L’effet est fort divertissant, à défaut d’être totalement réussi. Mais ces minous et toutous sont trop insolites pour ne pas être signalés.
N’oubliez pas quelques croquettes, si vous passez par là, afin d'apprivoiser ces fauves éventuels !

4 commentaires:

Alvaro A. de Vasconcellos Leite a dit…

J’ai découvert votre blog à l’Internet et il m’a énormément plu. Félicitations par les descriptions et par les excellentes photos. Je ne suis pas un architecte et je n’habite pas à Paris, mais j’adore l’Art Nouveau ainsi que la ville de Paris (je suis brésilien, j’habite au Brésil, je suis de formation juridique... et un amateur des beaux arts).
J’ai un blog d’un style complètement différent du votre, où j’écris sur mon quotidien. Malgré cela, j’ai déjà décrit un building à Bruxelles, où j’ai vécu pendant plus de cinq ans, une belle construction des années 20. Bruxelles est une ville avec des superbes constructions Art Nouveau et Art Déco et elle (Bruxelles) mérite une visite des appréciateurs de ces styles (l’Art Déco me fascine également).
Mes postages sont en ma langue maternelle, mais parfois j’ose écrire quelques mots en français.
L’article sur le Palais de la Cambre (en français) a été posté le 10 février 2008, et il y a en d’autres sur Bruxelles, mais en portugais.
Félicitations encore une fois.
Mon blog - http://www.lugardosouto1.blogspot.com

Alvaro

Le mateur de nouilles a dit…

Si je parlais (et pire : si j'écrivais) le portugais comme vous le français... j'en serais bien content !
Merci pour votre message, vraiment très sympathique, et bravo également pour votre blog, où on peut y lire quelques petites choses en français.
Peut-être une petite "folie" brésilienne à proposer pour le jeu de cette année ? Ah, là, les Français n'auront peut-être qu'à redoubler d'imagination !

Guiom a dit…

C'est fou ce que l'architecture Art Nouveau nous a légué en fait de lézards ! J'en ai encore aperçu de très grands il y a peu de temps (sans parvenir à me souvenir du lieu, mille excuses).
J'ai en revanche encore en mémoire une maison située à Fontenay-aux-Roses, avenue du Général-Leclerc, très près de la jonction entre cette avenue et la rue Ledru-Rollin, pratiquement en vis-à-vis d'une autre très belle maison nantie d'nue tour (pas du tout Art Nouveau mais mgnifique quand même).
La maison dont je parle n'a rien de particulièrement remarquable dans les formes (un gros carré bourgeois typique du début du XXe siècle) mais elle présente quelques touches 1900 dans son décor : de grands panneaux ornés de ces fameux lézards en ronde-bosse et aussi, si je ne me trompe, des gardes-corps d'un dessin nettement serpentin même si assez grossier.

Vincenttheone a dit…

Craquantes, les chtites bêbêtes !!!