dimanche 16 mars 2008

21 rue Octave-Feuillet (16e arrondissement)


Le peintre Borchardt n’a pas laissé un bien grand nom dans le monde de l’art. Les seules œuvres que je connaisse de lui le signale comme un adepte bien tardif du néo-impressionnisme. Mais sans doute connut-il un certain succès à son époque, pour avoir eu les moyens de commander un petit, mais très élégant hôtel particulier, à l’architecte Charles Plumet, à une date où celui-ci était devenu très connu dans le milieu de la construction. C’est avec le nom un peu déformé de “Borcharot” qu’il apparaît dans les demandes de permis de construire, à la date du 28 septembre 1907.











Conçu quelques mois avant le magnifique immeuble construit par Du Bois d’Auberville au n°19 - et achevé quelques deux années plus tôt -, l’hôtel Borchardt se présente avec toute la nudité dont l’Art Nouveau fut quelquefois capable. Plumet se contenta, du projet jusqu’à la réalisation finale, d’un subtil jeu d’ouvertures, à la symétrie perpétuellement perturbée, notamment par la présence d’une travée latérale, réservée à la cage d’escalier. Un sobre mouvement de vague, gonflant légèrement une partie de la façade, suffit à définir le style de la maison et à lui donner l’audace formelle que de plus amples ornements auraient certainement contrariée.
L’architecte se plaît ici à un jeu délicat entre les murs de brique claire et les encadrements de pierre de taille, parfois limités à quelques points de soutien, et à une délicate ponctuation, au rez-de-chaussée, produite par des ferronneries d’une élégante sobriété.

Désireux d’une totale simplicité, il se refusa même à tout ornement sculpté pour la porte d’entrée, en dehors d’une gorge profonde qui souligne le dessin de son entourage, et d’une discrète et précieuse poignée, à motif certainement floral, mais où il n’est pas interdit de deviner la trompe d’un éléphant paré de ses ornements de parade.

Un autre projet de petit hôtel dans le même quartier, au 3 rue Marbeau, fut demandé par M. Péneau, qui en publia la demande de permis le 28 octobre 1907. Les deux édifices étaient donc parfaitement contemporains. Mais l’hôtel de la rue Marbeau semble ne pas avoir été réalisé, même si des dessins furent publiés dans la presse de l’époque. Presque aussi sobre que celui de la rue Octave-Feuillet, il n’en avait néanmoins pas l’audace. Nous nous féliciterons donc que, entre les deux, le destin ait choisi que seul celui-ci ait été construit.

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