lundi 2 juillet 2007

3 rue Alfred-Dehodencq (16e arrondissement)


C’est pour une demoiselle, Mlle Baconnier, que le très élégant Du Bois d'Auberville conçut ce ravissant hôtel particulier. L’œuvre est tardive, puisque la demande de permis de construire ne fut pas publiée avant le le 27 mars 1911. Elle n’est malheureusement signée, ni de l’architecte, ni de Pierre Seguin, le sculpteur qui lui fut longtemps fidèle.
L’édifice se signale par un mélange de simplicité parfois austère et d’exubérance réjouissante, dont Seguin se chargea presque entièrement. Ainsi, à côté d’éléments très sobres, simples ponctuations destinées à souligner les lignes principales de la composition architecturale, nous trouvons de véritables reliefs naturalistes, en particulier sous forme de panneaux, placés entre les fenêtres des étages intermédiaires. Le petit bow-window central, véritable axe visuel de la façade, fait l’objet d’une décoration particulièrement soignée, avec son amusante et ingénieuse jardinière de pierre.



Mais c’est l’entrée de la maison qui retient essentiellement l’attention. Les deux portes - clairement singularisées par leurs largeurs différentes - sont reliées par un motif floral d’une surprenante mise en page, certainement inspirée par la façon dont on illustrait alors certains journaux, par des bandeaux ornementaux au format étroit clairement japonisant. Le tympan, pour sa part, propose une ravissante jeune femme - évocation certaine de la commanditaire, à défaut d’y supposer un portrait véritable -, perdue au milieu des champs et saisissant de sa main droite une gerbe de blés. Le style de Seguin s’y retrouve entièrement, dans le détail très précis des fleurs comme dans l’élégance raffinée de tous les motifs.

3 commentaires:

Denis Metzen a dit…

Je vous félicite pour votre bolg. J'ai moi même quelques photo d'ornementations de cette époque mais elles sont sur de batiments à Metz.

Ceux que cela intéresse peuvent aller les voir ici :

http://web.mac.com/denis.metzen

Le mateur de nouilles a dit…

Metz est une ville que je connais mal. Mais, à l'époque incluse dans l'empire allemand, elle a connu un Art Nouveau à très forte influence germanique, tout à fait passionnant. C'est évidemment l'opposé de ce qui se faisait à Nancy - restée française - où fut affirmé un très fort attachement à l'art français, et principalement à l'époque gothique. Comme quoi, la politique a toujours eu une influence sur l'art, même si le lien n'est pas toujours évident à établir !

Anonyme a dit…

hi, new to the site, thanks.