jeudi 17 mai 2007

8 rue de Richelieu (1er arrondissement)


L’architecte Constant Lemaire, auteur de ce bel immeuble d’angle, n’a sans doute aucun rapport avec l’auteur des constructions de la rue de Capri, plus simplement prénommé “C. A.”, puisque nous savons, grâce à plusieurs autres demandes de permis, que la première initiale de ce dernier correspondait au prénom de Charles. En juillet 1909, le premier habitait d’ailleurs 66, rue Lafayette, et le second 1 bis, rue Bizerte. Peut-être appartenaient-ils à la même famille - les architectes constituant parfois de véritables tribus -, mais le nom de Lemaire ne semble pas suffisamment rare pour que nous en soyons convaincus.
Ce fut pour les héritiers Pepin Le Halleur que l’édifice de la rue de Richelieu, proche du Palais-Royal, fut projeté. La demande de permis de construire date du 2 août 1907 et l'édifice fut signé l’année suivante. Mais son aménagement intérieur ne fut véritablement achevé que dans le courant de 1909, ce qui paraît normal pour un édifice d'une telle importance, et qui était destiné à devenir un hôtel de voyageurs d'un certain luxe, au nom sans ambiguïté : le Royal Palace Hotel.












Il nous est encore une fois proposé une façade qui n’aurait pas paru incongrue à Nancy, où on trouve beaucoup de comparables loggias et de semblables pinacles, tous d’influence gothique.
L’architecte a porté l’essentiel de son attention à l’angle de la construction, en hérissant son premier étage de puissants contreforts, et en le couronnant d’un pinacle largement plus élevé que les autres. Afin de casser l’imposante verticalité de cette façade, il décora le fond de la loggia d’un mur de briques rouges, évitant toute monotonie en accentuant son effet de creusement. Comme souvent dans ce type d’édifices, où les lignes architecturales sont prioritairement mises en valeur, le décor sculpté est volontairement réduit à quelques modestes fleurettes, servant plus à souligner qu’à enrichir.
Derrière cette façade d'un Modern Style de très bon aloi - et devenu presque banal à la date des travaux - se cachait une très simple, mais ingénieuse, disposition des chambres. Chacune donnait sur une des trois rues où l'hôtel était implanté, et n'était séparé de la cour intérieure que par un long couloir continu. Afin d'éviter les bruits de passage et de service, elles étaient toutes précédées d'un petit cabinet de toilette. Et les salles de bain offraient une autre isolation sonore, cette fois entre les chambres elles-mêmes. Pour ceux que cela intéresse, le numéro du 30 juillet 1910 de la "Construction Moderne" en reproduit les plans, ainsi que quelques photographies.

Aucun commentaire: