mercredi 23 mai 2007

76 rue Nollet (17e arrondissement)






















Nulle envie de ma part de vous faire croire que l'immeuble bâti par l'architecte Dupont, pour M. Moity - qui en fit publier la demande de permis, le 7 avril 1905 - est un absolu chef-d'œuvre de l'Art Nouveau parisien. Nous ne sommes plus le 1er avril ! Si la façade est plutôt ingénieuse, avec sa travée centrale en encorbellement, elle reste néanmoins très sage et symétrique, distribuant les surfaces de brique ou de pierre d'une façon assez attendue, malgré l'incrustation trop discrète de quelques panneaux de grès. Dupont, qui n'a pas inscrit son nom au Panthéon de l'architecture, a tout simplement fait de la "belle ouvrage" ; mais cela n'a évidemment pas suffi pas pour le faire émerger du lot de tous ces confrères qui, à la même époque, s'étaient pareillement mis au goût du jour. Maheureusement, la plupart des édifices les plus inventifs étaient déjà construits, et il devenait de plus en plus difficile d'apporter du neuf et de l'original dans une discipline qui en avait déjà beaucoup connu.
Néanmoins, l'édifice attire l'œil, car la rue est étroite et son imposant décor sculpté, en assez fort relief, insiste sur les verticales pour donner une très intéressante impression de monumentalité. Le sculpteur eut malheureusement la modestie de ne pas signer son travail. Celui-ci est exclusivement végétal, dédié à la fougère, au-dessus de quelques fenêtres, et surtout à la vigne, qui prend littéralement d'assaut les parties latérales de la travée axiale, pour ensuite courir tout le long de l'immense balcon du cinquième étage, devenant de lourdes grappes riches en grains.
L'intérêt de ce décor réside en grande partie dans la façon assez intéressante d'avoir représenté les racines de cette vigne, avec une jolie stylisation qui leur donne un air oriental très sympathique, et avec un plus faible relief, destiné à nous donner l'impression que la plante s'épaissit à mesure qu'elle s'élève. Inutile de chercher des éléments pittoresques au milieu de ces deux gigantesques vignes. Pas d'oiseaux dans leur nid, pas d'insectes.. Rien que des tiges, des feuilles et des fruits.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

La vigne est effectivement une belle source d'inspiration et nous avons réellement l'impression que le sculpteur s'enivrait plus il montait.
Ces grappes géantes sont un signe.
Quant aux racines, elles font également penser à des ailes d'oiseau.