jeudi 17 mai 2007

40 rue Boileau (16e arrondissement)


L’hôtel Danois, du nom de son commanditaire, G. Danois, qui habitait alors à Boulogne-Billancourt, est aujourd’hui l’ambassade d’Algérie en France. A quelques mètres seulement de l’hôtel Roszé, premier édifice conservé d’Hector Guimard, il évoque encore assez bien, dans ce charmant tronçon de la rue Boileau, le caractère presque campagnard qu’avait cette partie du XVIe arrondissement au début du XXe siècle.
L’édifice fut conçu par Audiger et Richard, un des plus fameux tandems de l’architecture Art Nouveau, mentionnés conjointement dans la demande de permis de construire, du 2 juillet 1907. Mais il fut finalement signé par le seul Joachim Richard. On a pu en conclure que la fin de la collaboration des deux architectes fut naturellement provoquée par le décès d’Henri Audiger, dont le nom disparaît effectivement des annales de l’architecture dès le début de l’année 1908. Pourtant, un certain H. Audiger, habitant toujours dans la rue Linois - où il demeurait déjà autour de 1900 -, co-signa encore les plans d'un édifice de l'arrondissement, en 1911.
Si cet hôtel constitue probablement un moment de transition professionnelle, il représente aussi, pour Richard, un tournant important dans sa carrière, puisqu’il commença alors à délaisser le XVe arrondissement, où Audiger travaillait depuis 1881 et où leur collaboration débuta, en 1894. Il devait d’ailleurs bientôt marquer ce changement important en déménageant dans son bel immeuble du 15, avenue Perrichont.












D’inspiration ouvertement arabe, la maison ne sombre heureusement pas dans les excès orientalistes de mauvais goût, violemment colorés ou abusivement compliqués. Seuls quelques éléments reconnaissables de l’architecture orientale sont ici retenus, pour assurer une décoration pittoresque, mais toujours très sobre. En dehors de son encorbellement latéral, au dessin d’une magnifique pureté, certains trouveront probablement cet édifice d’une trop grande simplicité, mais on ne peut lui dénier une authentique élégance !
Nous ne serons pas étonnés de retrouver, ici encore, d’importants panneaux de céramique, et d’autant plus que l’art arabe a souvent fait appel à la faïence avec une grande abondance. Mais nos deux architectes eurent l’idée originale de ne pas opter pour une couleur trop affirmée, et de faire appel à des artistes nouveaux dans le domaine : Gentil et Bourdet, dont la spécialité allait rapidement devenir la mosaïque de grès, qui allait leur assurer un succès assez considérable, et jusqu’à la période de l’Art Déco.
Le résultat est paradoxalement assez sobre, parfaitement fondu dans le paysage urbain, et dans la continuité de ces sympathiques “folies” architecturales qui firent longtemps la réputation du hameau Boileau, s’ouvrant à la droite de l’hôtel Danois.

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