jeudi 17 mai 2007

34 rue de Tocqueville (17e arrondissement)


Léon Benouville fut l’héritier d’une belle famille d’artistes, à laquelle avait appartenu, plus tôt dans le XIXe siècle, un très bon peintre classique, Achille Benouville. Principalement occupé à la restauration de monuments historiques, il s’engagea néanmoins très tôt dans l’aventure de l’Art Nouveau. Malheureusement, il devait s’y illustrer pendant trop peu d’années, puisqu’il mourut dès 1903. Il eut malgré tout l’occasion de réaliser plusieurs beaux édifices, dont un immeuble près du marché de Versailles, et de concevoir d’intéressants ensembles mobiliers, certains reconnaissables à leurs excroissances noueuses et des incrustations de métal, d’autres volontairement très simples, destinés à une clientèle ouvrière.
L’architecture de Benouville se caractérise toujours par une constante simplicité, de beaux parements nus, un décor mesuré, des ferronneries au dessin viril et toujours original. En bon héritier du rationalisme, il afficha toujours sa dette envers la leçon médiévale de Viollet-le-Duc.











Ainsi, cet immeuble de la rue de Tocqueville, voisin de celui que Charles Plumet construisit à la même époque. M. Reyrel, demeurant 21, avenue Victor-Hugo, à Boulogne, en était le commanditaire. La demande d’autorisation de construire fut publiée le 18 février 1897.

L’édifice trahit clairement une influence nettement médiévale, caractérisée par son apparence massive, ses décors sculptés enserrés dans des compartiments, ou sa porte aux lourds vantaux de bois, à peine animés par des vitraux floraux très stylisés. A l’arrière, sur la rue Léon-Cosnard, l’architecte a dessiné une belle porte de garage, dont un autre exemplaire orne toujours son majestueux immeuble de la rue Spontini, édifié en 1899.

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