jeudi 17 mai 2007

34 avenue de Wagram (8e arrondissement)


Une carte postale d’époque rappelle que cet hôtel de tourisme, devenu célèbre sous le nom de Ceramic Hotel, s’appelait à l’origine “Logiluxe Parisien”. Son commanditaire était une femme, Mme Russeil, qui fit publier sa demande de permis le 25 novembre 1902. Malgré l’étroitesse de la parcelle, la construction dura certainement plus d’un an, puisque la signature de Jules Lavirotte, exagérément visible sur la façade, est suivie de la date de 1904. Elle est accompagnée de celle du céramiste, Alexandre Bigot, et du sculpteur, Alaphilippe, que nous avions déjà rencontré rue de Hanovre, où il travailla en 1908.

La façade est entièrement couverte de briques vernissées et de grès flammé. Le décor, principalement floral - en dehors de quelques hannetons, sorte de signature emblématique de l’architecte -, est d’une exquise poésie, notamment par la présence d’immenses jarres d’où s’élève une luxuriante glycine. Ailleurs, on peut reconnaître des coings, au milieu de branchages plus indéterminés. Les derniers étages avouent une curieuse et amusante influence égyptienne, jusque dans le choix des couleurs, limitées au blanc, à l’ocre et au vert.












A l’origine, ce ravissant édifice servait probablement à louer des appartements meublés, aux touristes désireux de résider près de la place de l’Etoile et des Champs-Elysées, mais dénués de la fortune des habitués des palaces. Son décor assez sobre - Lavirotte pouvait difficilement surpasser la débauche ornementale de son immeuble de l’avenue Rapp -, suffisait à lui servir d’enseigne, jolie tache de couleur dans la grisaille ambiante de façades blanches très sagement alignées.
Le jury du concours de façades de la ville de Paris ne s’y trompa pas. Il décerna une nouvelle prime à Lavirotte, en 1905, pour sa façade aux volumes joliment variés et au décor poétique, gaiement coloré.

Aucun commentaire: