jeudi 17 mai 2007

170 rue de la Convention (15e arrondissement)


Le nom de Paul Legriel n’apparaissant pas dans les demandes de permis de construire avant cet édifice, il faut donc en conclure qu’il commença ici sa carrière d’architecte. Il semble d’ailleurs avoir été suffisamment fier de cette première œuvre pour l’avoir joliment signée, mais d’une façon un peu voyante qui pourrait faire sourire.
Sa commanditaire, veuve C. Vacquant, fit publier la demande d’autorisation de construire le 30 janvier 1900. Apparemment, elle se trouva fort satisfaite de son investissement et de son architecte, puisqu’elle lui commanda, avant le 5 décembre 1900, l’immeuble voisin du n°168. A cette date, elle habitait déjà au 170, rue de la Convention, signe que la construction proprement dite avait duré moins d’une année.
Dans l’intervalle, Legriel avait également déménagé, passant du 5, rue de Champagny, au 8, rue de Greffulhe. Mais il ne devait plus rien construire dans le XVe arrondissement, partageant la suite de son activité entre les IXe, XIIe et XVIe arrondissements.












Au concours de façades de la ville de Paris, le présent édifice reçut une des six primes attribuées pour l’année 1900, source de contentement supplémentaire pour Mme Vacquant - qui fit ainsi une importante économie sur ses frais administratifs -, autant que pour l’architecte, assuré de voir son travail publié dans la presse.
Méritait-il véritablement cette prime, tant les étages supérieurs, sans grand caractère, paraissent n’avoir aucun rapport avec les deux premiers niveaux, caractérisés par un appareillage rustique d’un assez bel effet ? Et ne doit-on pas attribuer à l’inexpérience de Legriel la relative déception que nous apporte sa façade, dont l’ensemble paraît ainsi très disparate ? Heureusement, la porte d’entrée mériterait à elle seule le détour, tant pour ses belles ferronneries que pour le beau travail de sculpture de son chambranle. Et que dire du gros chat, chargé de porter le numéro de la maison, dans une attitude dynamique d’un si joli effet décoratif !












On ne se contentera pas d’admirer la façade. Un coup d’œil au travers des vitres de la porte d’entrée permet d’apercevoir un très remarquable vestibule, suffisamment large pour y laisser passer une automobile - pour employer le terme utilisé à l’époque... La porte du concierge, avec son grand arc surbaissé, est une ravissante invention, autant que la gigantesque applique, impressionnant travail associé de sculpture et de ferronnerie. Le plafond, constitué de briques émaillées d’un vert presque noir, repose sur une jolie corniche en grès, à motifs de fleurs stylisées. Rien que pour ce remarquable vestibule, aux belles proportions et d’une grande unité de style, nous aurions volontiers donné un autre prix à Paul Legriel, pour toutes les promesses que son art contenait déjà.

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