jeudi 17 mai 2007

14 rue Beaugrenelle (15e arrondissement)


Nous avons déjà rencontré C. A. Lemaire, alors qu’il lotissait toute la rue de Capri, entre 1909 et 1910. Quelques années plus tôt, il avait fait une expérience presque similaire dans la rue Beaugrenelle, une autre courte voie, ouverte sur la rue Saint-Charles. Mais l’unité de style ne fut pas ici au rendez-vous. A cela, deux raisons principales. La première tient aux cinq années (1904-1909) qui furent nécessaires pour achever le lotissement. La seconde nous est suggérée par la présence d’un architecte différente, du nom de Michel, qui y édifia quatre immeubles en l905. Ainsi, malgré ses dix édifices, Lemaire ne pouvait pas prétendre à une quelconque unité dans la rue, avec un programme décoratif homogène. Nous constatons d’ailleurs qu’il en fut très rapidement convaincu, ne cherchant nullement à créer cette impossible harmonie, et se contentant même d’être parfois un simple bâtisseur. Ses demandes de permis furent publiées le 13 février 1904, le 10 juillet 1905 (pour notre n°14), le 5 octobre 1906, les 10, 11, 12 et 19 février 1908 (pour six édifices), et le 29 janvier 1909.


Les immeubles les plus intéressants sont aux numéros 8 et 14. Le premier se signale par un joli décor floral, à base de pommes de pin, de roses et de feuilles de chardon. Mais le second est beaucoup plus varié, tant par ses matériaux, faisant un large usage de la céramique - brique, parfois émaillée, et panneaux de grès -, que par la diversité de ses motifs décoratifs. On ne s’étonnera donc pas que l’architecte ait été également le propriétaire de cet édifice populaire, forcément modeste, mais travaillé avec beaucoup d’attention.
La porte d’entrée elle-même, avec son joli encadrement, se signale comme la plus inventive de toute la rue.

Aucun commentaire: