jeudi 17 mai 2007

11 rue de Pondichéry (15e arrondissement)


La porte de cette maison m’intrigue depuis... au moins vingt ans ! Malheureusement, les documents d’archives sont assez difficiles à interpréter, à supposer qu’il y ait eu une modification dans la numérotation des maisons, au fil des années. Car il n’existe aucune demande de permis pour le n°11. En 1895, une demande a été faite pour le n°5, mais l’architecte n’est pas désigné, et en 1902, Gravereaux et Judlin ont fait un projet pour le n°15. Point final.

L’immeuble est assez simple, avec de belles ferronneries industrielles. Néanmoins, il se singularise par de jolis dessus-de-fenêtres, sculptés de jolis motifs Art Nouveau, finement sculptés. Ils évoqueraient presque, mais en un peu plus fade, les jolis impostes vitrés dessinés par Guimard dans différents édifices de sa grande période, en particulier au Castel Henriette, à Sèvres. De comparables motifs, simples coups-de-fouet, ornent les différents frontons de la toiture.


Mais la porte reste l’élément le plus intéressant. Et le plus intriguant. Très sobre, elle est presque entièrement faite de barres de fer issues de l’industrie, tordues suivant des motifs typiquement 1900. Guimard, pour ne pas le citer encore une fois, fit de même, au Castel Béranger d’abord, mais de façon beaucoup plus comparable avec la marquise de la villa Desagnat, à Saint-Cloud - malheureusement détruite, la porte du jardin ayant seule été sauvée de la démolition, appartenant aujourd’hui au musée d’Orsay. La composition est simple, efficace, et le principe du métal tordu est généralisé, sauf sur la partie basse, où deux plaques de métal ont été très joliment découpées, suivant un motif parfaitement guimardien, d’un parfait équilibre
Avec les années, ma conviction a changé : l’auteur du Castel Béranger n’a probablement pas dessiné cette jolie porte. Certains détails, comme la plupart des angles, sont trop sommairement traités. Or le dessin guimardien est essentiellement angulaire, les angles étant une source constante de contre-courbes, de ruptures, de nouveaux départs de lignes. Il nous faut donc penser ici à un habile imitateur. Mais, contrairement au mosaïste déjà rencontré deux fois (avenue d’Italie, puis avenue Daumesnil), le créateur de cette ferronnerie a fait œuvre originale, et de façon suffisamment convaincante pour jeter le trouble dans nos esprits.

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